– A mains nues 2007

 » A mains nues « 

Samedi 16 Juin

Départ a 7h30 sur le parking de la sortie de Bg St Maurice . Le temps est beau , Je me sens bien , je suis accompagné pour cette journée de mes amis de la Cyclocoeur et de ma femme . J’entame mon périple , mon raid . Bg St Maurice—-Nice par tous les + grands cols , seul , sans assistance . Un bref apercu : Iseran , Télégraphe , Galibier , Izoard , Vars , Restefond la Bonette , ensuite la voie royale jusqu’a Nice .

Je suis enfin de nouveau en face du monstre , ma solitude , ma vie , ma montagne . Je vais affronter les ogres que je me suis fixé . Petit à petit tout au long de cette premiere étape les amis me quittent et me laissent face a mes choix . Les 2 pneux arrières crevés en même temps dans cette montée du Barrage de Tignes sont pour moi un signe positif . Le mauvais tout de suite.

La 2eme étape , je la connais bien , Le col de l’Iseran. Le plus dur est la gestion de sa vitesse dans les cotes , savoir se mettre en dessous aux moments ou il faut ! . Après la longue descente tournante assez dangeureuse , l’interminable faux plat descendant de Bonneval a Bessans m’a été tres pénible . J’avais oublié un facteur déterminant : le vent de face remontant fréquemment cette Haute Maurienne .
J’aurais le même problème à l’étape d’après : Bessans —– St Michel de Maurienne , 53 kms poussif .

J’ai toujours aimé ces longues approches dans les courses de montagnes… pour ne plus faire qu’un avec le défi a relever . Le prix de l’autonomie est là , sans rien , sans assistance , que moi et mon vélo . Parfois je l’avoue , je demandais aux gens si ils pouvaient me monter mon fauteuil roulant en haut des cols , me soulageant ainsi de 12 kilos . Il faut que je me fixe des points de non retour. L’important n’est pas le sommet mais le chemin, la facon que l’on a choisie pour y accéder ( r. Messner) . J ‘ai traité cette aventure comme une expédition montagne . Ce qui en a fait surement sa réussite ! . Elle m’a permis de voir , de comprendre, d ‘avoir des expériences qui me permettront d’aller encore plus loin les prochaines fois .

A Bessans , j’ai logé chez mon ami Jp. Boniface : gite « Le petit Bonheur » , fabuleux d’accessibilité . Le patron , super prévenant avait réussi le tour de force d’imposer des pâtes le soir à tout le monde .

 

Mercredi 20 Juin

Enfin le premier ressaut : Le col du Télégraphe .
Chez mes amis de  » La Croix Du Sud  » à la Praz à coté de St Michel De Maurienne j’ai étudié cette bosse ! , gros pourcentages en bas puis à la moitié cela relache , il faut donc encore une fois , gérer . Aprés les choses se compliquent avec cette fameuse  » cote des Verneys  » après Valloire  » . Durant cette montée j’ai croisé un monsieur de 83 ans qui se tapait à vélo le Télégraphe , incroyable .


Apres ces montées j’ai logé chez des amis  » les mimichs  » Marie-Hélene et Christophe Michelet  » le Chalet le Névé  » ( voir photos ) dernier chalet après les Verneys . Accessibilité et accueil irréprochable , vraiment a recommander pour tous les handicaps . Ils me prennent le fauteuil roulant pour le monter au tunnel du Galibier , trop top . Finalement Christophe me le montera au sommet et savourera celui-ci avec moi ( Photo ) . Les rampes du Plan Lachat et celle après l’avant dernier virage après le tunnel sont titanesques . Mais surtout pour moi terriblement enivrant, gazeux tout ce que j’aime ! . Durant cette montée j’aurais eu du brouillard, de la pluie et du beau pour finir .


C’est là , que je rencontre pour la première fois un personnage qui me croisera jusqu’au col de Vars . Un Allemand à vélo ,très certainement patron , qui fera tout les cols à vélo suivit de sa femme en voiture : grosse berline allemande avec le costume accroché contre la fenetre pour le soir , hallucinant . Pour lui ce défi avait vraiment l’air limite ,à chaque coup de pédale il piochait en louvoyant et ce sûr tous les cols . Le Galibier a été tres dur pour lui , à chaque rencontre du lendemain dans les cols il voulait que l’on fasse une photo ensemble aux sommets . On a jamais pu se voir aux sommets du fait de mon rythme trop lent de 3 à 4 km/h .
Cette escalade a été superbe en tout points , les renvois des odeurs de fleurs sont extraordinaires . La descente a été aussi très dangeureuse de part sa déclivité mais surtout par son revêtement très irrégulier . La sortie du Lautaret sur Briancon même combat que la Haute-Maurienne , pas de piste cyclable et donc beaucoup d’expositions aux camions qui roulent vite , trop vite . J’arrive à Briancon au C.I.P.P.A (Centre International de Préparation Physique en Altitude) en plein travaux concernant justement l’accessibilité , le handicap . Pas terrible , mais bon ! ils seront bientôt prêt pour affronter cette nouvelle vague d’handicapés autonomes et indépendants .

Le lendemain , j’affronte l’ogre du circuit , l’Izoard . Par son coté dit le + facile, Cervieres . Je l’ai trouvé très dur , plus dur que l’autre côté , bizarre ! . Il faut avancer et chaque metre de gagner est un mètre de plus . Dés le premier village je suis sous une pluie passagére , le beau temps revient dés le 10eme kilometre . A Cervière les pourcentages augmentent , je ralentis . Juste avant la foret un groupe de cycliste en raid m’approche et décide de me prendre le fauteuil pour le monter au refuge Napoleon . Grâce aux  » Papy du Lyonnais  » je souffle et suis plus rassurer car les raidars arrivent . Sans le fauteuil je me sens tout nu et a du mal a gérer mes élans de vitesse par ce manque de poids . La fatigue de ce col vient du fait que le Télégraphe , le Galibier et l’ Izoard ont été fait sans plus de repos qu’une nuit entre les cols . Les dernieres courbes de cet Izoard sont terribles . 200 m de plat , virage puis 200 m , très très raides , ce qui fait que l’Altigraph lui prend une moyenne de 7° donc les parties côtes sont doublement plus raides . J’arrive enfin au refuge Napoléon ou entre les gens hallucinés par ce spectacle je récupère au + vite mon fauteuil pour finir ce col , car le temps menace vraiment . Tout est noir, un gros mammatus est au dessus et je n’aime pas ça . Sommet , photo , ma veste et je file dans la case déserte que je remonte a fond . Après je sais que je serais tiré d’affaire . Descendre , descendre au plus vite . Fabuleuse descente que nous avions déja faite l’année dernière ( stage équipe de france de ski de fond a Embruns, voir photos ) . Les dangeureuses gorges avant Guillestre arrivent . Je reconnais cette petite route sur la gauche la route qui mêne à Ceillac, grosse très grosse cote mais tellement belle .Je suis à vélo!, trop fort , fier , je roule parmi les autres trop bon ! . J’arrive à  » l’Auberge de Jeunesse de Guillestre  » et je sais que j’y serais bien . Biensûr je passe une super soirée avec un groupe de géomètre qui m’avais déja vu au col du Galibier . Le lendemain les choses sérieuses attaquent avec le col de Vars et sa fameuse cote a 13 % . Déjà au départ entre l’auberge et le début de l’embranchement de la route , grosse cote . Finalement tout le col sera fait avec le fauteuil derrière , ce raidar a 13 % était la clef du col et avait cédé . Je suis arrivé donc sans encombre au sommet de Vars les claux ou Mme Prost me mets à disposition son appartement de location aux Fibieres .

Finalement le vélo passera la nuit dans la loge du gardien et moi je vais me battre avec cette salle de bains ou le fauteuil ne rentre même pas . je poserai ici et là des tabourets pour faire des transferts et acceder a la baignoire . Bref la totale , mais tres bonne nuit . Je reparts pour une petite montée de 3 km, très pittorresque avec son petit refuge Napoléon et son petit lac pour atteindre enfin son col très isolé .

La descente sera magnifique ,une des plus belles ! . A l’endroit sur la droite ou il y a de magnifique pointes en calcaires je rencontre un super cycliste Francois Hannebert qui finit avec son tour de France, le vrai : de 4800km . Il est le 1815 éme cycliste a le faire comme l’indique sa plaque sur le vélo . Pour moi cela sera une révélation : La découverte d’un nouvel engagement face au sport . Francois pédale au sensitif , il a supprimé le compteur qu’il juge négativement . Apprendre a prendre son temps et aprécier le paysage dans l’instant vécu au rythme du vélo . La guerre , la compétition sont pour d’autres . Pour lui et finalement pour moi aussi la compétiton reflète la société dans son aspect le plus négatif ( tout du moins ce que l’on en a fait ! ) . Individualisme , consommation et compétition , 3 fondements de la construction de celle -ci . Le lot de l’athlète de haut niveau ne parait être fait hélas que de conivence ,complaisance et conflits d’intérêts n’ayant aucun rapport avec l ‘activité sportive . Cette rencontre me rappelle des lectures (Le Méssi Récalcitrant et Jonathan le Goeland de Richard Bach ) . Nous nous quitterons a Jausiers (voir photos) ou il attaquera le col des cols : Restefond la Bonette .

Dimanche 24 Juin, dernier col

Je suis logé a St Fons , la Residence L’Hacienda qui héberge en ce moment de vacances , des I.M.C (infirme moteurs cérébraux) . Rencontres pour moi très enrichissantes . l’Ubaye , cette région extraordinaire me fait la fête .Le paysage est a couper le souffle , les gens d’une ouverture incroyable . Moi qui est gouté a l’Amérique Latine dans une autre vie de Montagne je comprends son rapprochement historique . Sous l’initiative de Mr Jean Marie Disset de st Fons je rencontre des journalistes locaux et un de ses amis me montera même mon fauteuil au sommet de Restefond . Durant ce repos l’irréparrable est aussi arrivé . J’ai voulu faire une démonstration de handbike et là je me suis fais un mini- clacage a l’épaule . Ma décision est prise je partirais de Lans 3 km plus haut que Jausiers pour être sûr d’arriver au sommet car tous les pourcentages sont au dessus de 2000m avec une partie finale qui fait reculer plus d’un cycliste .

Finalement cette montée ne sera pas aussi dure que je le pensais . En fait je l’ai gérée . Tous les premiers kilometres je les fait en dessous pour en pas être trop vite dans le rouge . Juste après les baraquements un journaliste me prends en photos ( voir photos) dans un virage que je prenais pour une rampe . Après la derniere ligne droite du haut je fais la rencontre de deux cyclistes que je qualifierais de pros ( super pros , des coureurs très connus en fait ! ) car vraiment ils n’avaient pas l’allure normale . Pas d’autocollants de marques partout, des vélos a faire palir les budgets , une technique de pédalage incroyablement éfficace , bref des pros . Ils décident de finir l’escalade avec moi de faire la Bonette pour m’aider , de m ‘ épauler pour la terrible dernière boucle . Merci a eux pour cet échange , ce moment , ce partage de l’ effort . L’ambiance au sommet sera très animée ce jour la et fera oublier le froid au sommet .Nous n’avons pas put tenir plus de 15 minutes . La descente sur St Etienne de Tinée sera rapide car je suis quand meme tres fatigué .

La descente sera magnifique , très aérienne , énormement de champs de fleurs , surtout vers les baraquements militaires du col des Granges Communes . Les hameaux traversés semblent comme figés dans le temps . Dans ces baraquements je reconnaitrai le groupe d’enfants de Nice en vacances scolaires logé comme moi « aux Rabuons » a St Etienne de Tinée ( centre totalement équipé handicap , ascenceur etc…) . Le soir , autour des professeurs du groupe je sais que j’ai gagné et m’accorde quelques verres de vin au cours du repas . Je suis soulagé ! plus que 100km de faux plat descendant vers Nice . Apres 1 jour de repos qui était en fait un jour de dégagement météo je pars pour Castagniers 70km plus bas . Cette vallée de la Tinée est une des plus belle que j’ai pu traverser , surtout vers St Sauveur de Tinée ou apres 5 km sur la droite démarre sur une grosse rampe , le col de la Colmiane (1er projet) ( falaises ou la roches et la terre sont d’une couleur pratiquement violette)

L’arrivée sur Nice sera pénible de part la pollution , le peu de parking et l’acces a la promenade des Anglais est dangereux . M’enfin m’y voila , le périple est réussi ! ( voir photos)

 

                                                      Ce n’est qu’une fois chez moi , lorsque j’ai recommancé a m’entrainer que je me suis dit :

                        » finalement pas la peine de partir aussi loin de chez toi, les côtes sont tout aussi belles et difficiles dans ta MOUNTAGNA  » ……,


le Versant du Soleil .
– La Haute Tarentaise –

                                                                                    Merci a VOUS, votre solidarité , votre élan !

                                                                                        Grâce a vous j’ai pu réussir l’impossible !

                                                                               A Bientôt en 2008 pour le 2ème défi , encore plus fort !.

Nadine, Marie, Valerie, Michel, Odile, Guillaume, Patricia, Louis, Guy, Jean-luc, Jean-pierre, Eric, Lili, Marie-helene, Christophe, Papy du lyonnais, Nicolas, Jean-marie, Sylvie, la gde bergerie pour la réception du retour, les Anonymes de la route .

 

: la Cyclocoeur (assos à Bg st Maurice) , le Restaurant la Croix du Sud a la Praz (St Michel de Maurienne) , Au petit Bonheur a Bessans , le chalet le Névé Michelet a Valloire ( les Verneys a VAlloire) , auberge des 4 vents (a. de jeunesse) a Guillestre , mme J. Prost (location) a Vars, Résidence Hacienda a St Pons (Barcelonette), les Rabuons de St Etienne de Tinée , L’acceuil de L’Ubaye par St Fons .